Une dimension comique ressort de ce monologue dHarpagon : le mécanisme, le ridicule, loutrance du personnage dHarpagon visent à le tourner en ridicule. Son monologue est le discours dun personnage tourmenté et excessif, profondément burlesque. Mais, chut! On frappe les trois coups! Installez-vous et nest pas seulement satire voire parodie du monde, mais plus précisément Joueur, III, 7 ou le Chevalier doit sinterposer entre les deux Turcaret Molière.. On ne sennuie pas un instant et les tours et détours de la pièce, peu denfants substitués, mais il revient dun autre côté, On le voit, lespace de la fiction espace du plateau et lespace public de la représentation présence de banquettes dans lenclos de la fiction ne sont pas nettement distingués. Le théâtre, cest un spectacle de regards croisés..Labbé Hédelin dAubignac exigera dans sa Pratique du Théâtre publié en 1657 que le parterre soit élevé en talus et quil soit équipé de sièges fixes, immobiles pour éviter que les gens se battent entre eux comme auparavant. Elever le parterre en amphithéâtre par un système de gradins depuis la fosse de lorchestre jusquau fond de la salle, dans un espace socialement épuré les femmes doivent être séparées des hommes selon Riccoboni deviendra une nécessité après Molière. De même que la séparation de lespace de la fiction le plateau ou la scène et de lespace social de la réception de la fiction la salle. Par le jeu des lumières, on plongera la salle dans le noir et seule la scène sera éclairée les feux de la rampe, les quinquets. Ce qui va modifier le fonctionnement des didascalies, qui serviront à concrétiser et à distinguer les espaces, celui du comédien et celui du spectateur. Sur quel point le film semble-t-il mettre laccent avec ce générique? contemporaines, parfois des rivaux- comme les grands comédiens On pourrait, sans trop de difficulté, samuser à montrer quil est fort dangereux de traiter de folles et de bouffonnes les moins sérieuses inventions de Molière. Dix-sept ans après la cérémonie turque de Chambord, un brave homme dabbé se laissait coiffer, à Caen, dans une cérémonie tout aussi pompeuse, non pas du turban de mamamouchi, mais du bonnet pyramidal de mandarin du roi de Siam, et la liste des mystifications tout aussi fortes qui ont réussi depuis serait certainement imposante. Chez nos grands couturiers parisiens, on ne met pas on dansant à nos élégantes les robes quelles paient si cher ; mais, comme chaque robe est une œuvre dart, produit dune inspiration spéciale de lartiste couturier, comme les divers arts ont entre eux des affinités mystérieuses, on joue pendant lessayage un morceau de musique qui répond à linspiration doù la robe est sortie, et le mannequin vivant se promène en cadence sous les yeux de lartiste. Mais laissons ces analogies et ces rapprochements, et contentons-nous de nous laisser aller à la gaieté débordante de lœuvre. Puis, dans un travail décriture personnelle, étayé par les éléments du corpus, vos lectures de lannée et votre culture personnelle, vous direz si, aujourdhui, le sens de la fête vous paraît menacé 20 points. Avec sa marotte, qui en dépit de ses associations farcesques peut De son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, Molièrenaquit à Paris le 15 janvier 1622. Il était le fils dun bourgeois parisien aisé possédant la charge de tapissier du roi, cest-à-dire de fournisseur officiel de la Cour. Son enfance fut marquée par des deuils successifs, dont le plus pénible fut la mort de sa mère, en 1632. Il fut élève des jésuites au collège de Clermont, que fréquentaient les fils de laristocratie et de la grande bourgeoisie, puis fit des études de droit pour devenir avocat 1640, titre qui permettait alors lachat dune charge dans la justice ou ladministration. Tel est, comme dit Népomucène Lemercier, lincomparable Harpagon, le rôle le plus complet peut-être qui ait jamais animé la scène. Mais il ne suffit pas dêtre complet ; il faut encore être cohérent, et lon a souvent soutenu quHarpagon ne létait pas. Harpagon, dit M J. Lemaître, est une énigme. Il y a en lui de lEuclion et du riche bourgeois du XVII e siècle. Au fait, est-il bourgeois ou gentilhomme? Et quest-ce quun homme qui fait lusure comme un juif et qui en même temps enterre une cassette comme un personnage de la comédie antique? M J. Lemaître arrête là ses questions ; mais il serait facile de les multiplier. Si on a accusé Molière davoir mis dans Tartuffe deux hypocrites distincts, si on lui a reproché de navoir pas expliqué lAlceste de son Misanthrope, dHarpagon aussi on pourrait dire quil na pas été expliqué et quil nest pas homogène. Et il faut avouer que, tout en repoussant certaines exagérations, et sans dailleurs nous piquer de tout dire, nous aurons plus de peine à justifier Harpagon que nous nen avons eu à justifier Tartuffe ou Alceste. pas; par conséquent, nous devrons nous contenter de jeter sur le
Quel est le travers dArgan? Cest un amour de la vie qui le pousse, comme disait Lucrèce, à sacrifier toutes les raisons de vivre. Un beau jour, à la suite de quelque maladie sans doute, la peur de la mort la pris ; et maintenant la peur de la mort lobsède. Quon lui dise de contrefaire le mort, et il demande avec anxiété sil ny a point à cela quelque danger ; que sa petite fille Louison, secouée un peu vivement et menacée de verges, sécrie : Je suis morte, et ce mot magique lhypnotise et lui fait craindre dêtre un meurtrier. Dès lors, le voilà affligé dune manie torturante : Il marche, dort, mange et boit comme tous les autres, mais cela nempêche pas quil ne se croie fort malade. Comme il est robuste encore, en dépit des remèdes avec lesquels il sassassine, comme il est sanguin et emporté, il crie, il tempête, il court après cette chienne de Toinette qui l a irrité ; il oublie quil na plus de voix et quil ne saurait marcher sans bâton. Mais il revient bien vite à la conscience de ses maux : il se condamne à rester dans sa chambre et dans son fauteuil ; il ne veut point quon lui parle haut ; il sindigne quand on dit quil nest point malade : Toinette. Mais, Monsieur, mettez la main à la conscience : est-ce que vous êtes malade? Comment, coquine, si je suis malade? si je suis malade, impudente? Par une perversion étrange, mais bien humaine, de lamour-propre, il nest flatté que quand on lappelle un malade illustre.
www.comedie-francaise.fr site officiel de la Comédie-Française ; www.toutmoliere.netindex.html site spécialisé dans la vie et lœuvre de Molière, le théâtre à son époque, ses relations avec le pouvoir royal, etc. du ridicule. Plus que tout autre il est le sine qua non de la comédie, Ma femme, vous savez que je nai pas lâme endurante, et que jai le bras assez bon. Après LAvare 1668, le Bourgeois Gentilhomme 1670, les Femmes savantes 1672, Molière signe sa dernière pièce, Le malade imaginaire. Au cours de sa quatrième représentation, le dramaturge qui est atteint dune tuberculose pulmonaire tombe sur scène et meurt quelques heures plus tard, le 17 février 1673, à lâge de 51 ans. Cet épisode est à lorigine de la légende dun Molière mort sur scène. Nayant pas abjuré sa profession de comédien jugée immorale par lÉglise catholique, il échappe de justesse à la fosse commune sur lintervention de Louis XIV. Jean-Baptiste Poquelin dit Molière est finalement inhumé de nuit dans le cimetière de léglise Saint-Eustache sans cérémonie religieuse. Les comédiens de Molière fondent sept ans après sa mort la Comédie-Française. Sordide, crasse, mesquin, chipotier, vénal, cupide. La langue est un trésor, y compris Béline, seconde femme dArgan, a réussi à capter la confiance de son mari de deux façons : en cultivant sa manie, et en affichant pour lui un amour sans bornes. Elle seule dans la maison déclare quil est malade, et le plaint, et le soigne comme il le désire. Elle le dorlote aussi, hypocritement, et lui prodigue les mots doux ; sil parle de mourir, elle se pâme presque et promet de partir avec lui : Elle doit après dîné rendre visite à votre fille, doù elle fait son compte daller faire un tour à la foire, pour venir ensuite au soupé.